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vendredi 30 octobre 2020

 

 


JOURNÉE MISSIONNAIRE MONDIALE : 18 Octobre 2020

L’Eglise Universelle célèbre en ce jour le 29ème dimanche du temps ordinaire et la 94ème Journée Mondiale des Missions. Le thème retenu par le Pape François est indicatif et il invite chaque chrétien à dire chaque jour à la suite du prophète Isaïe : « Me voici : envoie-moi ! » (Is 6, 8). La Conférence Épiscopale Burkina-Niger à travers les Œuvres Pontificales Missionnaires s’est appropriée le thème papal en le contextualisant sous la forme suivante « La vie est une mission » (Evangelii Gaudium, n. 273) Cette année, les thèmes orientent notre vie à la mission autrement dit notre vie doit témoigner de l’amour de Dieu au moins pour nous les vivants. Qui dirait le contraire au regard de la situation sanitaire dominée par le SARS-CoV-2, à la situation économique précaire due justement à cette pandémie et à la situation sécuritaire allant dégradant dans la sous-région. Lire cet article devient un parcours de combattant car il faudrait au moins être en vie. En passant, prions pour les familles éprouvées, les fidèles défunts. N’est-ce pas, du reste, une manière de vivre la mission ?

En vous proposant le message du Souverain Pontife à l’occasion de cette journée, nous aimerions que vous ressortiez rassérénés et prêts à vous lever et à marcher pour la cause de l’Evangile, notre mission en tant que peuple de baptisés.

[1]MESSAGE DU SAINT-PÈRE FRANÇOIS
POUR LA JOURNÉE MONDIALE DES MISSIONS 2020

 

« Me voici : envoie-moi ! » (Is 6, 8)

 

Chers frères et sœurs,

Je désire rendre grâce à Dieu pour l’engagement avec lequel le Mois Missionnaire Extraordinaire a été vécu dans toute l’Eglise, durant le mois d’octobre passé. Je suis convaincu qu’il a contribué à stimuler la conversion missionnaire dans beaucoup de communautés, sur le chemin indiqué par le thème "Baptisés et envoyés : l’Eglise du Christ en mission dans le monde".

En cette année, marquée par les souffrances et les défis causés par la pandémie de COVID-19, ce cheminement missionnaire de toute l’Eglise se poursuit à la lumière de la parole que nous trouvons dans le récit de la vocation du prophète Isaïe : « Me voici : envoie-moi ! » (Is 6, 8). C’est la réponse toujours renouvelée à la question du Seigneur : « Qui enverrai-je ? » (ibid.). Cet appel provient du cœur de Dieu, de sa miséricorde qui interpelle tant l’Eglise que l’humanité, dans la crise mondiale actuelle. « Comme les disciples de l’Evangile, nous avons été pris au dépourvu par une tempête inattendue et furieuse. Nous nous rendons compte que nous nous trouvons dans la même barque, tous fragiles et désorientés, mais en même temps importants et nécessaires, tous appelés à ramer ensemble, tous ayant besoin de nous réconforter mutuellement. Dans cette barque… nous nous trouvons tous. Comme ces disciples qui parlent d’une seule voix et dans l’angoisse disent : "Nous sommes perdus" (v. 38), nous aussi, nous nous sommes aperçus que nous ne pouvons pas aller de l’avant chacun tout seul, mais seulement ensemble » (Méditation à la Place Saint Pierre27 mars 2020). Nous sommes vraiment effrayés, désorientés et apeurés. La douleur et la mort nous font expérimenter notre fragilité humaine ; mais en même temps, nous reconnaissons que nous sommes tous habités par un profond désir de vie et de libération du mal. Dans ce contexte, l’appel à la mission, l’invitation à sortir de soi-même par amour de Dieu et du prochain, se présente comme une opportunité de partage, de service, d’intercession. La mission, que Dieu confie à chacun, fait passer du moi peureux et fermé au moi retrouvé et renouvelé par le don de soi.

Dans le sacrifice de la croix, où s’accomplit la mission de Jésus (cf. Jn 19, 28-30), Dieu révèle que son amour est pour chacun et pour tous (cf. Jn 19, 26-27). Et il nous demande notre disponibilité personnelle à être envoyés, parce qu’il est Amour en perpétuel mouvement de mission, toujours en sortie de soi-même pour donner vie. Par amour pour les hommes, Dieu le Père a envoyé son Fils Jésus (cf. Jn 3, 16). Jésus est le Missionnaire du Père : sa Personne et son œuvre sont entièrement obéissance à la volonté du Père (cf. Jn 4, 34 ; 6, 38 ; 8, 12-30 ; He 10, 5-10). A son tour Jésus, crucifié et ressuscité pour nous, nous attire dans son mouvement d’amour, par son Esprit même, lequel anime l’Eglise, il fait de nous des disciples du Christ et nous envoie en mission vers le monde et les nations.

« La mission, "l'Église en sortie", ne constituent pas un programme à réaliser, une intention à concrétiser par un effort de volonté. C'est le Christ qui fait sortir l'Église d'elle-même. Dans la mission d'annoncer l'Évangile, vous vous mettez en mouvement parce que l'Esprit Saint vous pousse et vous porte » (Sans Jésus nous ne pouvons rien faire, LEV-Bayard, 2020, p. 23). Dieu nous aime toujours le premier et avec cet amour, il nous rencontre et nous appelle. Notre vocation personnelle provient du fait que nous sommes tous fils et filles de Dieu dans l’Eglise, sa famille, frères et sœurs dans cette charité que Jésus nous a témoignée. Tous, cependant, ont une dignité humaine fondée sur l’appel divin à être enfants de Dieu, à devenir, par le sacrement du baptême et dans la liberté de la foi, ce qu’ils sont depuis toujours dans le cœur de Dieu.

Déjà dans le fait de l’avoir reçue gratuitement, la vie constitue une invitation implicite à entrer dans la dynamique du don de soi : une semence qui, chez les baptisés, prendra une forme mature en tant que réponse d’amour dans le mariage et dans la virginité pour le Règne de Dieu. La vie humaine naît de l’amour de Dieu, grandit dans l’amour et tend vers l’amour. Personne n’est exclu de l’amour de Dieu, et dans le sacrifice du Fils Jésus sur la croix, Dieu a vaincu le péché et la mort (cf. Rm 8, 31-39). Pour Dieu, le mal – même le péché – devient un défi d’aimer et d’aimer toujours plus (cf. Mt 5, 38-48 ; Lc 23, 33-34). Pour cela, dans le Mystère pascal, la divine miséricorde guérit la blessure originelle de l’humanité et se déverse sur l’univers entier. L’Eglise, sacrement universel de l’amour de Dieu pour le monde, continue dans l’histoire la mission de Jésus et nous envoie partout afin que, à travers notre témoignage de foi et l’annonce de l’Evangile, Dieu manifeste encore son amour et puisse toucher et transformer les cœurs, les esprits, les corps, les sociétés et les cultures en tout lieu et en tout temps.

La mission est une réponse, libre et consciente, à l’appel de Dieu. Mais cet appel, nous ne pouvons le percevoir que lorsque nous vivons une relation personnelle d’amour avec Jésus vivant dans son Eglise. Demandons-nous : sommes-nous prêts à accueillir la présence de l’Esprit Saint dans notre vie, à écouter l’appel à la mission, soit à travers la voie du mariage, soit à travers celle de la virginité consacrée ou du sacerdoce ordonné, et de toute façon dans la vie ordinaire de tous les jours ? Sommes-nous disposés à être envoyés partout, pour témoigner de notre foi en Dieu Père miséricordieux, pour proclamer l’Evangile du salut de Jésus Christ, pour partager la vie divine de l’Esprit Saint en édifiant l’Eglise ? Comme Marie, la mère de Jésus, sommes-nous prêts à être sans réserve au service de la volonté de Dieu (cf. Lc 1, 38) ? Cette disponibilité intérieure est très importante pour répondre à Dieu : Me voici, Seigneur : envoie-moi ! (cf. Is 6, 8). Et cela non pas dans l’abstrait, mais dans l’aujourd’hui de l’Eglise et de l’histoire.

Comprendre ce que Dieu est en train de nous dire en ce temps de pandémie devient aussi un défi pour la mission de l’Eglise. La maladie, la souffrance, la peur, l’isolement nous interpellent. La pauvreté de qui meurt seul, de qui est abandonné à lui-même, de qui perd son travail et son salaire, de qui n’a pas de maison et de nourriture nous interroge. Obligés à la distance physique et à rester à la maison, nous sommes invités à redécouvrir que nous avons besoin de relations sociales, et aussi de la relation communautaire avec Dieu. Loin d’augmenter la méfiance et l’indifférence, cette condition devrait nous rendre plus attentifs à notre façon d’entretenir nos relations avec les autres. Et la prière, par laquelle Dieu touche et meut notre cœur, nous ouvre aux besoins d’amour, de dignité et de liberté de nos frères, de même qu’au soin de toute la création. L’impossibilité de nous réunir en tant qu’Eglise pour célébrer l’Eucharistie nous a fait partager la condition de nombreuses communautés chrétiennes qui ne peuvent pas célébrer la Messe chaque dimanche. Dans ce contexte, la question que Dieu pose : « Qui enverrai-je ? », nous est adressée de nouveau et attend de nous une réponse généreuse et convaincue : « Me voici : envoie-moi ! » (Is 6, 8). Dieu continue de chercher qui envoyer au monde et aux nations pour témoigner de son amour, de son salut du péché et de la mort, de sa libération du mal (cf. Mt 9, 35-38 ; Lc 10, 1-12).

Célébrer la Journée Missionnaire Mondiale signifie aussi réaffirmer comment la prière, la réflexion et l’aide matérielle de vos offrandes sont une opportunité permettant de participer activement à la mission de Jésus dans son Eglise. La charité, exprimée dans les collectes des célébrations liturgiques du troisième dimanche d’octobre, a pour objectif de soutenir le travail missionnaire accompli en mon nom par les Œuvres Pontificales Missionnaires, pour répondre aux nécessités spirituelles et matérielles des peuples et des Eglises dans le monde entier, pour le salut de tous.

Que la Très Sainte Vierge Marie, Etoile de l’évangélisation et Consolatrice des affligés, disciple missionnaire de son Fils Jésus, continue d’intercéder pour nous et de nous soutenir.

Rome, Saint Jean de Latran, 31 mai 2020, Solennité de la Pentecôte.

 

KABORE René

Philo III

 

 



[1] http://www.vatican.va/content/francesco/fr/messages/missions/documents/papa-francesco_20200

samedi 15 août 2020

APRES LE CONFINEMENT, LE DECONFINEMENT PHILOSOPHIQUE ( 3ème Année)

 

Samedi 13 juin 2020 à 18 h, la cloche du Grand Séminaire de Philosophie Saint Pierre Saint Paul (Ouagadougou) sonnait pour l’heure limite de la rentrée. Une rentrée plus ou moins curieuse (pour les habitués des maisons de formation comme les séminaires). Cette rentrée s’effectuait sous ce leitmotiv “sauver l’année académique” qui avait été interrompue par la pandémie de CoVid-19. C’est ainsi que le programme usuel a subi des modifications pour permettre de mettre l’accent sur les activités académiques. Cela n’a pas empêché d’avoir une vie spirituelle aussi intense dans le programme.

            Toutes ces activités étaient encadrées par des mesures sanitaires qui avaient pour objectif d’éviter une quelconque contamination au coronavirus. Ainsi les séminaristes étaient dans l’obligation de porter des masques dans des lieux communautaires comme la chapelle, l’amphithéâtre (lieu de cours et de rencontres), le travail manuel, etc.

            Malgré cette crainte de contamination, toutes les activités prévues ont pu se tenir dans les délais pour le bonheur des étudiants et leurs formateurs. En effet, sur le plan académique, tous les cours ont été abordés ainsi que tous les examens (4 examens au cours des 4 premières semaines, et 5 examens en 5 jours d'affilée). Quant aux plans spirituel et humain, la messe communautaire était toujours au centre des activités avec la prière des offices communautaires. Le travail manuel et le sport n’étaient pas non plus délaissés. Finalement, l’esprit de la formation a été respecté malgré la situation inédite.

            Cette situation inédite était d’ailleurs pour la promotion CARITAS (qui veut dire « charité ou amour » : nom donné à la classe de 3e année) un moment d'Action de grâce pour les 3 ans passés dans cette cité de l'Espérance. C’est en fait  sa dernière année dans ce séminaire. Le mercredi 15 juillet fut la journée choisie pour se dire au revoir avec une belle célébration eucharistique présidée par l’Ab Gustave SAWADOGO (lui-même formateur en fin de mandat). Ce fut une journée de grande émotion et la nostalgie de la cité de l’espérance se lisait déjà sur certains visages. Elle s’acheva par un dîner récréatif pour les formateurs et les séminaristes. A cette occasion ils ont tous pu se dire au revoir et bonne suite sur le chemin de la vie, tout en espérant se revoir un jour ou l’autre. Le lendemain (jeudi 16 juillet), tout le monde était prêt à emprunter la route des vacances, route qui mènera les uns au Théologat et les autres vers d'autres horizons. En tout, il a fallu 1 mois et 3 jours pour réussir l’exploit de sauver l’année académique.

 

SAWADOGO Cédric Marie, Philo III

APRES LE CONFINEMENT, LE DECONFINEMENT PHILOSOPHIQUE( 2ème Année)

 

Les mois de Juillet et Août riment le plus souvent avec vacances, c’est-à-dire changement d’activités, de cadre, etc. Ils riment, pour un certain nombre de Burkinabé avec temps de semailles, de labour. De nombreux séminaristes vont au champ aider leurs parents. Mais en cette année 2020, ce temps a une résonance particulière à Saint Pierre- Saint Paul. Qu’a-t-il de si particulier ce temps ?

            Dès les premières heures du 1er janvier 2020 les uns et les autres se souhaitaient meilleurs vœux pour la nouvelle année. Mais il ne fallut pas longtemps pour que l’on s’aperçoive que 2020 serait une année exceptionnelle. Et la particularité de cette année tient pour beaucoup de la pandémie du corona virus. Ce virus a imposé son dictat en ralentissant le pas de certains secteurs d’activités, et arrêtant même d’autres. Le monde académique prit un coup avec la suspension des cours magistraux. C’est dans ce contexte que l’Université Saint Thomas d’Aquin (USTA) ferma ses portes. Le cycle de philosophie qui lui est affilié interrompit aussi les cours magistraux. Quelle formule trouver pour terminer la formation des séminaristes sur les plans humain, spirituel et aussi intellectuel ? L’esprit Saint inspirant, et les formateurs dociles, une formule fut trouvée pour « sauver l’année » tout en évitant une vague d’infection à la COVID 19. C’est ainsi qu’en saison hivernale, où la grâce matinée est le quotidien de plusieurs personnes, où les délices de l’amour se vivent dans l’intimité familiale avec le retour de ses membres en vacances, bref où beaucoup de belles choses se passent dans le monde ; les séminaristes de la 2ème année de philosophie sont convoqués du 18 juillet au 22 août 2020 pour poursuivre et achever l’année. Au doux chant des oiseaux à son passage, les belles senteurs, la fraîcheur distillées par la nature si harmonieuse ne manquant pas de captiver l’attention et de la détourner ne doivent pas faire oublier de tourner la page des cours. En plus du travail intellectuel, la vie spirituelle et la vie humaine ne sont pas du reste.

            Cela fait déjà plusieurs jours que nous avons répondu à cette convocation. La vie dans cette maison suit un horaire adapté à la circonstance. Des activités au niveau humain, spirituel, intellectuel nous sont proposées. En guise d’illustration, en plus des offices, de la Messe quotidienne, de l’oraison, du chapelet, il y’a le travail manuel pour maintenir notre maison propre, pour cultiver le maïs de l’abbé Pascal KOLESNORE, etc. bien qu’un accent particulier soit mis sur le domaine académique, l’entrain aux autres activités de la maison n’est pas entamé. Des cours sont dispensés dans la matinée et quelque fois les après-midi. Chaque semaine avec un devoir programmé nous amène à composer cinq matière dans la semaine des examens. Vivement donc que l’un des souhaits en cette année se réalise, à savoir 20/20 même dans toutes les matières de ce semestre.

SEDGO Daniel Toussaint, Philo II